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Auteur : Mouthix. Publiée le 09-02-09

On attrape des carpes là où il y a des carpes… Si l’on y réfléchit bien, cette phrase à la tournure pour le moins « Lapalissienne » prend finalement tout son sens ! Même s’il reste concevable, et dans certains cas réalisable, de faire venir les carpes à soi, il est souvent plus rentable d’aller les chercher là où elles se trouvent.

Le Graal !

On le sait, la carpe n’hésite pas à parcourir des distances relativement longues pour s’alimenter. Par chance, lors de ses longs déplacements, elle trahit sa présence de manière significative et souvent bruyante (sauts, marsouinages, fouilles …). Il n’est alors plus du tout utopique de prévoir le déplacement d’un banc de poissons. Ces indices sont une aide précieuse car ils permettent d’identifier clairement les zones où se tiennent les carpes. En tenant compte de leurs besoins à un instant T, cela permettra d’adapter sa stratégie de pêche en fonction de la météo, de la saison ou de la température de l’eau.

La première chose à retenir est que si l’on traque un poisson réputé mobile, il faudra alors soi-même être ultra mobile.
L’idée de traque remplace donc notre conception commune de la pêche, la rapprochant un peu plus de la chasse, la barbarie en moins. Pour qu’il y est traque, il faut une logistique impeccable, une organisation sans faille et un maximum de motivation. Le but est de pêcher un poste tout en étant capable de bouger rapidement sur un autre parce que les conditions météo changent, les débits rendent le poste impraticable en rivière, des sauts à répétition vous appellent à l’autre bout du lac ou simplement par envie de tenter un coup de poker !

En extrapolant, on peut alors imaginer dresser un carnet de route pour des sessions longues en prenant en compte plusieurs scénarios, par exemple en gardant en tête un poste de repli pour le cas où le premier ne marcherait pas où deviendrait impêchable. Tout ça dans un but précis : optimiser le temps passé au bord de l’eau.
On peut par exemple planifier 24 heures de pêche partagées sur deux postes préalablement choisis et amorcés. C’est presque l’idéal pour les petits périmètres (plans d’eau, micro rivières …). Certains vont même jusqu’à pêcher 3 postes différents par cycle de 24 heures. Si les conditions l’imposent, cette approche peut vraiment être redoutable ! L’alternance des postes brise la monotonie et permet surtout de tester des configurations et des appâts différents sans déranger trop longtemps les poissons en place avec des combats incessants. A l’avenir votre spot sera moins identifié comme une zone à risques et il gardera tout son potentiel en restant visité de manière régulière par les carpes.

Cependant, optimiser son temps de pêche ne doit pas être associé à de l’impatience. Quand on décide de bouger, cela doit être justifié. L’observation est alors primordiale. L’attitude passive du carpiste est le plus gros de ses défauts. La réussite passe souvent par une remise en question constante de l’approche, souvent stéréotypée : « je lance et j’attends que ça morde… »

Carpe aperçue en plein repérage

Il est préférable de perdre un peu de temps à chercher les poissons pour ensuite mieux tenter de les prendre plutôt que de squatter un poste pendant des jours. Il y a encore trop de pêcheurs qui raisonnent en se disant qu’en se postant une semaine à un endroit, ils finiront bien par croiser un poisson. C’est sûrement vrai, et même souvent le cas. Mais qu’aurait été leur pêche s’ils avaient été actifs ?

Mais il ne faut pas tomber dans le jeu de vouloir à tout prix changer de poste, en négligeant celui que l’on exploite. Il ne faut pas fuir si au bout de 4 heures les détecteurs sont restés muets (sauf cas exceptionnels). Il doit y avoir une approche rationnelle derrière ce choix.

La priorité reste avant tout de pêcher des postes potentiellement productifs, d’y accéder facilement et de jongler entre eux en un minimum de temps. Le choix de l’appât, indépendamment de la stratégie d’amorçage, est secondaire.

Etre mobile n’est possible que si les déplacements sont optimisés. Il convient donc de faciliter le transport du matériel et des appâts.
Au début, on a tendance à emporter avec soi des tonnes de trucs inutiles. La règle pour s’assurer une mobilité totale est de « voyager » léger. Le matériel strictement nécessaire est trié avant chaque session. L’allègement des bagages donne accès à une multitude de postes car il devient plus aisé de trimballer son matériel sur de longues distances pour accéder à des postes qui sont laissés à l’abandon par les autres carpistes, peu courageux d’avoir à parcourir parfois jusqu’à 500m les bras chargés…

Une telle étendue d’eau représente une infinité de postes potentiellement bons. Il serait dommage de ne pas en exploiter quelques uns…

Avec l’habitude, l’installation prend moins de 30 minutes et il en faut à peine plus pour tout remballer et repartir.
In fine, on devient capable de pêcher une multitude de postes en ne perdant que peu de temps entre chaque changement.

Etre mobile c’est donc être logistiquement au point et ultra motivé. En réduisant les efforts qu’implique une grande mobilité, cela devient un réel plaisir, un jeu de piste dans lequel on devient acteur. Le trésor n’est peut être pas très loin de vous, pensez-y la prochaine fois que vous vous retrouverez au bord de l’eau.

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