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Torrent puis cours d’eau de montagne en Suisse, fleuve puissant en France, le Rhône marque les territoires qu’il traverse :
Sa puissance, ses crues et son lit divagant ont fortement conditionné son parcours et ont engendré la création de villes et d’activités dès les premiers âges…
Carte d'identité. Pays riverains : Suisse, France
. Longueur : 812 km (dont 522 km en France)
. Superficie du bassin : 97 800 km² dont plus de 90 000 en France.
. Débit : le débit moyen du Rhône, de l'ordre de 1 800 m3/s à l'embouchure, le situe à la 48ème place mondiale derrière l’Amazone, le Mékong ou le Congo.
Le Rhône est un fleuve imposant par son alimentation qui, rapportée à l’étendue de son bassin, peut être comparée à celle de l’Amazone.
Toutefois, si on rapporte la quantité écoulée à la superficie du bassin-versant (zone drainée par le fleuve et ses affluents), le Rhône se hisse au 16ème rang mondial. Les variations saisonnières de débit sont très complexes, car les principaux affluents du fleuve proviennent de régions aux climats très différents.
Les affluents du Rhône
Le Rhône reçoit trois familles d’affluents, aux caractéristiques hydrographiques très variées :
. Au nord, le réseau hydrographique de la Saône alimenté par des pluies d’origine océanique, en automne et en hiver.
. A l’est, les affluents alpins sont approvisionnés par la fonte des neiges.
. Au sud, le climat méditerranéen entraîne des étiages très marqués et des crues importantes en automne.
Un fleuve en perpétuel mouvement
Majestueux et fougueux, canalisé mais toujours indompté, le Rhône est un fleuve de paradoxes, qui peut prendre des physionomies diverses selon son cours, mais aussi selon les saisons.
La période de fonte des neiges tout comme d'importantes précipitations le conduisent ainsi à "divaguer" selon son bon vouloir, retrouvant son lit naturel pendant les quelques jours que dure la crue...
Les crues sont un phénomène naturel imprévisible, provoqué par les pluies ou fonte des neiges. Le débit du fleuve augmente fortement, jusqu’à ce qu’il déborde hors de son lit. Le Rhône connaît en général chaque année une crue moyenne et deux à trois crues faibles.

Les zones inondées lors de la crue sont situées directement dans le lit majeur naturel du fleuve.Le Rhône a en effet été endigué pour être canalisé et limiter les inondations face à des crues faibles. Lors de crues moyennes, certaines zones situées à proximité des berges du Vieux Rhône ou à l’aval de barrage peuvent être inondées. En cas de fortes crues, certaines digues déversoirs permettent de canaliser les eaux dans des zones agricoles ou périurbaines afin d’éviter l’inondation de secteurs plus peuplés.
Le Rhône connaît trois types de crues :
. La crue de type Saône : due à de longues périodes de pluie sur le Massif Central, elle se caractérise par une montée et une descente des eaux lentes et progressives ; elle peut durer plusieurs jours, voire une semaine.
. La crue de type cévenol : provoquée par des orages violents venant de Méditerranée, elle est violente et brusque ; localisée sur le bas de la vallée du Rhône, cette crue dure un jour ou deux.
. La crue mixte : conjonction des deux types de crues précédentes, elle peut provoquer de véritables catastrophes naturelles ; celles-ci sont toutefois peu fréquentes : la dernière remonte à 1856 !
Le Parcours du Rhône
Le Rhône prend sa source dans les Alpes suisses, coule en direction du sud-ouest vers les villes de Sion et de Martigny, puis rejoint le lac Léman à son extrémité orientale.
Traversant la ville de Genève, il gagne Lyon puis descend le long de la vallée jusqu'au golfe du Lion, en Méditerranée où il se jette.
A - Le Rhône suisse

Le Rhône prend sa source en Suisse, à 2 300 m d'altitude, au glacier de la Furka, sur les pentes du Saint-Gothard, massif surnommé le « château d'eau de l'Europe ».
Cest par une série de chutes et de brusques dénivellations que le Rhône franchit les 150 km qui séparent sa source de son embouchure dans le Léman en passant de laltitude de 1 765 m à celle de 375 m.
Torrent alpestre fougueux, il coule entre les chaînes élevées des Alpes de Berne et des Alpes du Valais, puis décrit un coude brusque à Martigny et sengage dans un étroit défilé, le défilé de Saint-Maurice. Il rejoint enfin la plaine et se jette dans le lac Léman au cur de la ville de Genève.
B - Le Haut-Rhône

Cest en coulant dans des défilés grandioses que le Rhône pénètre en France. Deux massifs, lun appartenant aux Alpes de Savoie, la montagne de Vuache, lautre, dernier promontoire de la chaîne du Jura, le Grand Credo, le guident dans son cheminement.
Il s'oriente ensuite vers le sud-Ouest, franchit le flanc oriental du Jura par la cluse de Bellegarde, où se trouvaient autrefois les fameuses pertes du Rhône, aujourdhui noyées dans la retenue de Génissiat. Il passe le défilé de lEcluse, puis change de physionomie à Seyssel, gagnant les plaines laissées par les glaciers.
Il traverse les plaines de Chautagne et de Lavours, à proximité du lac du Bourget, auquel il est encore relié par le canal de Savières. À partir de Sault-Brénaz, le fleuve coule entre le Bugey et lIsle Crémieu, avant dêtre rejoint par la rivière dAin. À Lyon, il reçoit la Saône, son principal affluent.
C - La Moyenne Vallée du Rhône

En aval de Lyon, grâce à la Saône, le Rhône devient un fleuve puissant et plus régulier. Sa large vallée prend une orientation nord-sud, au cours globalement rectiligne, malgré quelques coudes de faible ampleur. Il coule au pied du Massif Central, tandis qu'il se trouve séparé des Alpes par une série de larges plaines et plateaux.
Entre Lyon et Valence, le fleuve franchit une série de défilés taillés depuis l'ère tertiaire dans le rebord du Massif Central (Vienne), ou dans sa couverture calcaire (Tain-l'Hermitage). Il traverse ensuite une succession de plaines alluviales telles que Valence et Montélimar.
Le lit du fleuve est toujours large de plusieurs centaines de mètres et comporte, par endroits, des bras morts, dans une plaine dexpansion des crues larges de 1 à 3 km. Si les affluents de rive droite, issus du Massif central, sont peu importants à l'exception de l'Ardèche , ceux de rive gauche, alimentés par les Alpes, apportent au fleuve des cours d'eau presque torrentiels, comme l'Isère et la Drôme.
D - Le Rhône méridional

Après le défilé de Donzère, le Rhône coule dans une large plaine, séparant le Massif Central et les Alpes. Le fleuve reçoit de nouveaux affluents « montagnards » :
Cèze et Gard, des Cévennes ; Aygues, Ouvèze et Durance, des Alpes.
Il se divise à Arles en deux bras le Grand Rhône et le Petit Rhône qui enserrent la Camargue, plaine deltaïque de 750 km². Le Grand Rhône, qui coule à l'est, est le bras principal ; son embouchure avance sur la mer en faisant progresser les terres aux alentours de Port-Saint-Louis-du-Rhône. Il draine 85 % des eaux (15 % pour le Petit Rhône).
L'écosystème du Rhône
Tout au long du Rhône, oiseaux, poissons, mammifères, plantes et arbustes constituent une faune et une flore riches, qui donnent au fleuve un caractère hors du commun.
A - Les milieux naturelsForêts alluviales et terrestres, roselières, marais, lônes, prairies, bancs de graviers
Autant de milieux naturels qui font la richesse et la valeur écologique du fleuve Rhône.
La forêt alluviale
Directement liée à la présence du fleuve, la forêt alluviale constitue un écosystème forestier complexe et diversifié. Des sous-bois denses, des lianes abondantes constituent ses principales caractéristiques.
La forêt alluviale et notamment la ripisylve (en bordure de berges) sont indispensables à la bonne stabilité des sols et des rives du fleuve. Elles contribuent également à la dépollution naturelle des eaux, en filtrant les sédiments.
La forêt alluviale est aujourdhui en régression, soumise à la pression agricole et industrielle, à la réduction des surfaces inondées par les crues suite aux aménagements fluviaux, mais aussi, ponctuellement, à labaissement des nappes phréatiques. Elle est également envahie despèces exotiques parasites (Renouée du Japon, Erable Negundo, Ambroisie
) qui prolifèrent rapidement au détriment de la flore locale, et qui peuvent engendrer des déséquilibres écologiques importants.
Afin de préserver les boisements alluviaux, des plans de réhabilitation ont été engagés par les structures de gestion, soutenus par lAgence de lEau Rhône-Méditerranée-Corse, la Compagnie Nationale du Rhône et des acteurs locaux.
La forêt terrestre
De la Suisse à la Camargue, une forêt terrestre pousse sous des climats différents et sur des sols contrastés et sétend tout au long du fleuve : chênes, résineux, taillis
abritent des plantes et espèces animales remarquables. Ces espaces font eux aussi lobjet de plans de gestion menés par la Compagnie Nationale du Rhône et lOffice National des Forêts.
Les lônes
Bras secondaires du fleuve, les lônes vivaient au rythme des divagations du Rhône et ses crues, se remplissant en recevant une partie du débit du fleuve. Suite aux aménagements réalisés à partir de la fin du XIXème siècle, le fleuve, assagi, est coupé de ses bras secondaires, dont les hauteurs deau et le débit diminuent entrainant un boisement progressif de ces lieux qui perdent alors toute leur richesse écologique.
Aujourdhui, les lônes font lobjet de programmes de restauration écologique et de mise en valeur : parmi les actions mises en uvre, figurent notamment le curage des lônes, laugmentation du débit réservé et la remise en communication avec le fleuve.
B - La faune du RhôneDes centaines despèces animales sont présentes tout au long du cours du fleuve.
Quarante trois dentre elles sont protégées et font lobjet de mesures de protection particulières.
Voici quelques espèces emblématiques du fleuve, que vous aurez peut-être la chance dobserver au cours de vos promenades. (présentation sous forme de photos cliquables)
Les poissons
. Lalose
. Languille
. Le brochet
. La carpe
. Le gardon
. La tanche
Les mammifères
. La loutre
. Le castor
. Le chevreuil
Les oiseaux
. Le héron cendré
. Le flamand rose
. Le milan noir
. Le balbuzard pêcheur
. Le martin-pêcheur
. Le fuligule milouin
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