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Auteur : Titeuf. Publiée le 25-01-10

Tout carpistes, digne de ce nom, connaît le lac du Salagou, certains pour y avoir pêché, et d’autres pour avoir lu des articles à ce sujet dans des revues halieutiques.



Le Salagou est un affluent de la Lergue et un sous affluent de l’Hérault. Il étend ses berges sinueuses au cœur d’un paysage coloré par une roche gréseuse pourpre, appelée aussi « tuffe ».

Ce lac est une destination très appréciée des pêcheurs, tant par sa beauté et son côté sauvage, que pour ses communes puissantes de forme « torpédo ».

Il est situé dans le sud de la France dans le nord du département de l’Hérault. Il s’étend sur une superficie d’environ 750 hectares, a une profondeur maximum de 45 mètres au pied du barrage et peut contenir jusqu’à 125 millions de mètres cube d’eau. Il est constitué de vastes baies comme celle de Clermont, de Liausson, des Vailhés ou d’Octon.

Les postes les plus prisés, tels, la pointe aux Allemands, Biwy City, la plage et la baie à Octon ou la station de pompage, sont accessibles en voiture. D’autres, tout aussi intéressants, sont d’accès plus compliqués, voir impossible avec un véhicule (la Chapelle, Pradines, le Barrage, Rouens, etc…)

La pêche de nuit y est fermée de l’ouverture du carnassier jusqu’au 1er juin. Le reste de l’année, on peut pratiquer notre sport favori en toute quiétude.


Les communes y sont en majorité, environ 80/90 %. Certains sujets dépassent les 20 Kg et la prise d’une 15 + n’est pas rare. Les autres espèces sont bien représentées : brochets, sandres et perches sont en quantité honorables, sans oublier les indésirables pour le carpiste « blanchailles » et écrevisses qui sont aussi présentes en bon nombre. Les carpes du Salagou sont de véritables torpilles qui n’hésiteront pas à vous troquer la casse de votre ligne contre leur liberté.


Les saisons :

La saison froide est intéressante car la pression de pêche est quasi-nulle. Il faut faire du repérage, scruter et arpenter patiemment les baies peu profondes car les carpes y pénètrent dès le mois de février pour se nourrir d’œufs de brochets. De plus, elles s’y sentent à l’aise car l’eau y est plus chaude. Chaque hiver, avec mes amis pêcheurs, nous attendons cette période car elle nous apporte à coup sur, de bons résultats.

il y a quelques années, Un matin, je reçois un coup de téléphone de mon ami Thibaut. Il m’annonce que les carpes sont entrées dans la baie d’Octon. Il a passé la nuit avec son co-équipier. Ils ont fait du poisson par des températures négatives, ils ont effectué 18 départs au total avec une carpe de 19 Kg commune en prime. Le lendemain, même scénario : 15 départs. Pour des raisons professionnelles, je ne peux les rejoindre avant le troisième jour. Nous réalisons que 2 départs. Les carpes étaient bel et bien en train de déserter le coin. Le quatrième jour, après avoir changé de poste, nous réussissons à les intercepter à nouveau en sortie de baie et à capturer quelques poissons de plus. C’est un phénomène qui se reproduit chaque année à la période du frai des brochets. Les carpes entrent dans la baie pour y dévorer leurs œufs.



Le printemps :

les beaux jours arrivent, les températures remontent les carpes rallongent et multiplient leur périodes d’alimentations . C’est une saison très ventée, la tramontane (vent venant du nord ouest) et le mistral (vent venant du nord) soufflent régulièrement, parfois très fort. C’est un facteur de réussite pour des raisons que l’on connaît, surtout quand on l’a pleine face. A ce moment là, il est difficile de faire du repérage ou même de résister au vent toute une journée, mais peu importe, quand on veut des résultats, parfois, c’est pas rose, alors Messieurs, lestez vos rod-pod, haubanez vos biwy ! il n’y a pas long à attendre !



Début mai, à l’approche du frai, les carpes se rassemblent et se rapprochent des bordures riches en herbiers. On peut les apercevoir longer les roselières, stagner entre deux eaux, mais à ce moment là, piquer un poisson s’avère difficile car elles s’alimentent très peu voir pas du tout. Quelques jours plus tard, quand elles commencent à changer leur comportement, elles pénètrent dans les roselières, sans pour autant commencer à frayer. Vous pouvez, à cet instant-là, placer vos montages et lancer quelques « billes » en bordures. Vous piquerez ainsi quelques poissons mais avec un taux de décrochage élevé, car les carpes ne mangent pas franchement, elles saisissent simplement l’appât par curiosité ou par agressivité.

Une fois le frai entamé, ce sont des dizaines de carpes qui vont s’ébattre tranquillement pendant quelques jours. Ensuite, elles déserteront les bordures, regagneront des endroits plus surs, et surtout reprendront une alimentation normale. La pêche devient alors très productive.



L’été :

là, les choses se compliquent. La canicule s’installe, les touches se raréfient en journée et les vacanciers disposent de plusieurs km de berges. En cette saison, il est plus sage de s’éloigner de ces endroits «bouillonnants ». J’agis de la sorte tous les étés.

La journée, je m’écarte pour avoir un maximum de tranquillité et pratique la pêche à longue distance dans des fonds allant de 10 à 18 mètres. Si ma bordure est bien exposée (vent et soleil) j’y dépose bien volontiers un appât piégé. Le soir venu, à l’heure du « pastaga » (comme on dit chez nous) quand le calme est enfin de retour, je dirige mon rod-pod et lance mes montages en direction de ces petites plages fréquentées toute la journée par les baigneurs et autres touristes. En général, les détecteurs ne restent pas muets longtemps, surtout si, auparavant, j’ai pris la peine d’amorcer la zone avec du pellet de petite taille, qui se confond très bien avec la nourriture naturelle brassée toute la journée par la brise estivale. Ce phénomène s’amplifie si le vent est de face et si il est supérieur à 50 km/h.

Au petit matin, je reprends mon petit « train-train » et repose mes montages loin du bord avec très peu d’amorce. A ce moment-là, je mise surtout sur la présentation ( bouillettes de couleur vives, pop-up, équilibrées, etc.…) Les moments opportuns à la pêche en été, sont les journées ventées et les baisses de pression atmosphérique précédant les orages.

J’ai le souvenir d’un orage d’été qui éclatait sur les premiers contreforts, plus il se rapprochait plus les carpes sautaient comme si elles fuyaient le grondement du tonnerre. Elles sont entrées dans la petite baie de Liausson en se réfugiant dans le fonds. Bien sur nous étions-là postés avec nos batteries, les départs se succédèrent pendant deux heures (une dizaine), en nous laissant le temps de prendre quelques clichés de nos prises.




L’automne :

Pour moi, c’est la meilleure saison car notre poisson favori commence à faire des réserves pour l’hiver. On peut prendre du poisson à n’importe quelle heure de la journée.

C’est aussi la période où il y a la plus forte pression de pêche et les plus mauvaise conditions météo (surtout ces dernières années ! ). Trouver un poste pour s’installer reste quand même assez facile, surtout si vous possédez une embarcation.


Les montages :

les carpes du Salagou sont peu éduquées, les montages doivent être simples et solides, les hameçons très piquants car elles possèdent des lèvres très charnues et dures. Une tête de ligne en 60 ou 70 centièmes (100 centièmes pour certains !!!) n’est pas de trop pour faire face à des fonds très durs, encombrés, irréguliers, coupants et souvent recouverts de dreissènes. Pour ma part, j’utilise un bon nylon en 50 centièmes, une tête de ligne d’un diamètre supérieur, un bas de ligne en quick-silver 45 livres et des hameçons hayabusa allant de la taille 4 au 0, la taille de mes bouillettes destinées à l’éschage peut atteindre 40 millimètres. Je n’emploie jamais de tresse en corps de ligne car les obstacles recouverts de moules qui jonchent les fonds, auront raison de n’importe quel matériau sortant de votre moulinet. Les carpes sont victimes de pêcheurs peu scrupuleux, qui abandonnent dans l’eau plusieurs dizaines de mètres de tresse après un combat qui s’est soldé par une casse Les oiseaux marins aussi sont victimes ils se prennent les pattes et meurent lentement, noyés ou même étranglés.





Les stratégies :

Pendant les périodes de grand vent, l’utilisation de la barque est impossible, la pêche reste simple et productive. Vent de face, lancez vos montages droit devant, au maximum de vos possibilités, avec une poignée de bouillettes et le tour est joué. Quand le temps est plus calme, utilisez votre écho sondeur pour trouver des zones potentielles d’alimentation, hauts fonds, herbiers, bordures, cassures, c’est pas ce qui manque, même à portée de cannes et amorcez le secteur choisi. Toutefois, ces postes sont visités régulièrement par des poissons de taille modeste et cette pratique peut vous rapporter jusqu’à 5 départs par jour, voir plus mais elle ne sélectionne pas vraiment les gros sujets. Si vous êtes plutôt spécimen hunter, optez plutôt pour la pêche en spot, placez vos montages loin du bord avec 10 à 15 bouillettes comme simple amorçage
Une autre stratégie que j’affectionne tout particulièrement consiste à repérer des sauts, s’installer à proximité avec du matériel « light », le strict minimum pour rester mobile et changer de poste à chaque fois que cela est nécessaire. Il m’est arrivé de bouger plusieurs fois pour suivre le même banc de poissons qui se déplaçait. C’est une manœuvre payante à condition que les fishs se manifeste car au Salagou une carpe qui saute (c’est souvent le cas) est un poisson qui le plus souvent s’alimente. Quand mon repérage ne m’a rien apporté, je m’installe sur un poste, si je n’enregistre pas le moindre départ dans les deux heures, je change d’endroit jusqu’à obtenir satisfaction. Cela fonctionne pas mal car j’ai pu m’apercevoir que l’on effectuait souvent un ou deux départs dans les premières heures d’action de pêche.



L’amorçage :

Pour ma part, je ne fait pas d’amorçage lourd à la graine, sauf si je pêche en longue session ou en famille et que je n’est pas forcement envie de changer de poste. Dans ce cas précis, deux cannes pêchent en statique pendant toute la durée de la session sur un amorçage lourd à base de graines dures telles que le maïs trempé, la tiger, le lupin ou la cacahuète et simplement une poignée de bouillettes autour du montage. J’ai pu constater par le passé que l’amorçage lourd fixe les poissons et déclenche une réaction de méfiance, les carpes stationnent au dessus pendant plusieurs jours avant de passer à table. L’idéal est de placer un ou deux montages sur les bords de cette zone amorcée et attendre les premiers départs. Moins il y aura de temps entre les départs, plus il vous faudra réamorcer et mettre des cannes sur le coup.

Si vous pêchez en spots, utilisez très peut d’appâts placés sur une surface assez grande. Les carpes du Salagou n’ont pas l’habitude de « racler les fonds de plats », elles n’ont pas besoin de parcourir de grandes distances pour se nourrir. Il n’y a qu‘à regarder au fond d’un sac de conservation, après qu’une carpe y est passée quelques heures, pour se rendre compte que ce lac a un gros potentiel de nourriture naturelle, on peut y voir des dreissènes broyer, des carapaces d’écrevisses et toutes autres pitances digérées et rejetées. Il faut donc, que votre amorçage se fonde sur le fond, de telle façon qu’il n’éveille pas leur méfiance. La carpe saura trouver vos appâts et les engamer sans crainte.

Tous les mix et parfums à bouillettes fonctionnent, une petite préférence quand-même pour les carnés. Erable, malay-spice, marchent bien aussi. Une seule chose compte c’est que dès le printemps, vos « billes » soient très dures pour décourager les écrevisses affamées qui en quelques heures seulement dévoreront n’importe quelle « bouilles inadaptées ».

Les graines de grandes tailles telles que les arachides, les tigers, le lupin, le maïs géant eschées sur nos montages donnent de bons résultats au printemps et en été.



Les galères :

Le vent du nord souffle régulièrement à 60 km/heures et sur une largeur qui s’étend de la baie des Vailhés à celle de Clermont, (environ 4 km) il cause des vagues pouvant atteindre une auteur importante. Lors de vos sorties périlleuses en zodiac ou autres embarcations, il faut redoubler de prudence car il peut passer de 60 à 120 km/heures en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Quelques règles élémentaires a respecter ; bien haubaner son biwy, sous peine de le voir s’envoler et pas trop près de l’eau car les vagues pourraient tremper vos affaires. Quand vous déposerez un marqueur pensez a laisser suffisamment de marge (50 cm) entre celui-ci et la surface de l’eau au risque de le voir dériver à chaque rafales.





Le lac du Salagou est un lac atypique, qui à chaque session, à chaque crépuscule ou à chaque départ ne fait qu’amplifier notre passion …


Titeuf

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